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Volet 1 . Ensemble photographique grands formats & P@ysages Sonores

« Il se lève chaque matin un peu avant six heures, tend son bras pour attraper un livre, des poèmes qu’il lit, le temps de quitter le monde des rêves pour entrer dans l’aube fragile, unissant ainsi le jour à la nuit, le rêve à la veille, avec un poème sans doute n’est-il pas de meilleur réveil pour l’homme. » Jon Kalman Stefansson, Le cœur de l’homme

Le sortilège des marins rassemble différents ensembles photographiques réalisés durant plusieurs temps de résidence en Norvège et en Finlande.

Ces ensembles se dessinent comme des variations, au fil de mes lectures de poètes, écrivains des pays nordiques, Tarjei Vesaas, Edith Södergran, Olav H. Hauge, Jon Kalman Stefansson dont les mots sont le fil rouge de mes recherches et font écho aux thèmes qui m’intéressent.

Ces personnages étranges et purs, toujours un peu à part du reste de l’humanité, savent voir au-delà des apparences, pris dans le silence qui leur permet de se retirer en eux-mêmes, partis à la recherche de mondes intérieurs, voyages où domine toujours l’idée de passage, de basculement. Ce rapport très fort à la matière, ce moment où les choses ne sont plus ce qu’elles étaient mais deviennent autres, où le rêve a parfois plus de force que le réel, cette passerelle entre le concret et l’abstraction que je m’efforce d’exprimer en créant une confusion entre photographie et peinture.

Une narration s’installe doucement. Elle raconte l’histoire de l’eau qui s’en va, se retire, entraînant avec elle les barques des pêcheurs, l’histoire des hommes et des femmes qui se regardent dans l’eau miroitante des lacs, prêts à se perdre dans l’appel des eaux profondes, ceux qui s’immergent au plus profond d’eux-mêmes, prêts à basculer dans les abysses. Elles racontent l’histoire de l’île, le foyer, le changement des saisons, les rugissements du vent, l’attente d’un signe, le désir du large…

Des brumes, des absences, des réminiscences, sans un bruit les mots résonnent, puis l’eau trouble, le maelström, Edgar Poe… Les images se confondent, des silhouettes passent, des hommes sans visages qui n’atteindront jamais la terre ferme, des naufragés de la mémoire. Aux heures où il fait toujours jour, même la nuit, je guette les ombres, d’autres mots surviennent à l’orée des rêves, d’autres images troubles dans la confusion des sens, au bord des îles : de Vesteralen à Lofoten.

Riches de l’expérience d’une création intitulée Lune de Loups (hommage au livre de Julio Llamarès), nous souhaitons poursuivre nos recherches et développer cette écriture visuelle et sonore pour Le Sortilège des Marins avec l’outil du mapping vidéo, accompagné d’une création sonore en multidiffusion.

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